(Toutes les images peuvent être cliquées pour voir plus larges)
Je suis partie d’Orlando pour Denver, en avion, le 5 juin 2012. J’étais nerveuse, je n’aime pas trop prendre l’avion.
Passer la sécurité a été le premier moment
difficile du voyage. Il a fallu que je mette le sac à dos dans lequel étaient
ses cendres sur le tapis roulant et c’était trop a supporter. J’ai essayé de
prévenir les agents avant même qu’ils me demandent ce qu’il y avait dans mon
sac, mais ils étaient en train de discuter. Enfin, ils s’en sont aperçus mais à
ce moment l à je ne pouvais même plus parler et j’ai tendu l’enveloppe que la
maison funéraire m’avait conseillé de prendre avec moi pour le voyage, sur laquelle
on pouvait lire « dépouille de Christine Bornert ». J’avais essayé de
me rappeler quand on avait pris l’avion pour la dernière fois ensemble, et j’en
avais conclu que c’était quand on avait déménagé aux USA, 11 ans auparavant. On
n’avait jamais voyagé comme ça.
Le vol a été sans incident. Après quelques 3 heures de vol, j’ai enfin aperçu les Rocheuses prendre
forme à l’horizon, une large masse sombre, loin
dans la brume, mais bel et bien là, un peu moins
impressionnantes vues d’en haut.
J’ai attendu longtemps pour avoir ma voiture
de location mais enfin vers 13 ou 14 heures, j’ai pris la route vers Longmont,
nos anciens ‘quartiers’.
Ensuite, j’ai cherché a manger et je me suis
acheter un sandwich dans une petite surface. Puis je suis partie vers Lyons et
Estes Park dans la montagne. Entre les deux petites villes, il y a une
communauté de montagne appelée Pinewood Springs ou maman a vécu 5 ans, avec son
ex-mari. Je me suis arrêtée à leur
première maison, que l’on peut voir de la route. Elle avait été repeinte beige
(elle était rouge avant). A sa vue, je me suis effondrée en larmes ; ca
m’a vraiment frappée.
J’ai continué sur le chemin jusqu'à leur 2ème maison, mais j’étais moins émotionnelle quand je l’ai vue. Elle
n’avait pas beaucoup changé et l’ex-mari y vit toujours (il n’était pas là). Un chien m’a dit bonjour et m’a fait penser à Max, leur chien.
J’ai fait demi-tour et ai continué ma route
vers Estes Park. Je m’y suis seulement arrêtée pour chercher ma route pour
aller chez Caprissa à Loveland et l’appeler au téléphone, mais elle m’a appelée
en premier. Le temps était a l’orage,
avec du soleil, très beau. J’ai beaucoup pleuré sur la route de Loveland, dans
le canyon. La route du passé m’avait pas mal secouée.
Je suis arrivée chez Caprissa juste à temps
pour voir Venus passer devant le soleil, un phénomène rare qui ne se reproduira
plus dans ma vie. Le propriétaire de la maison est un féru d’astronomie et il
avait installe son télescope et invite les voisins pour l’événement. Magnifique !
Caprissa m’a ensuite invitée à la joindre pour
manger dans son appartement au sous sol. Elle m’a aussi montré ma chambre.
Je
lui ai donné le cheval en bois de maman, qu’elle avait depuis toujours. Je ne
sais plus d’où il venait, juste qu’il avait toujours était là. Caprissa était visiblement émue.
Après manger, on est allées se promener prés des lacs autour de chez elle.
Mercredi, 6 juin 2012
Je me suis réveillée de bonne heure à cause du
décalage horaire (2 heures). Je me suis préparée avant que Caprissa se lève,
mais je l’ai vue avant de partir et ai pris mon petit déjeuner dehors. Il y
avait un petit vent frais. Caprissa m’a raconté quelques unes de ses histoires
l’ours. Elle est rigolote.
C’était un beau matin, clair et ensoleillé, à
peu près 18 degrés. Je suis partie vers
7 heures, vers Cheyenne.
Je me suis arrêtée à la pancarte de l’état du Wyoming. Maman était enfin chez elle.
Un autre arrêt sur la 80 pour photographier un
pin qui pousse dans un rocher et qui est une vedette locale depuis des années.
Sur ma droite, j’ai vu les rochers de Vedauwoo, un endroit où Blake nous avait emmenées l’année où on l’avait rencontré.
Je suis entrée dans Laramie pour m’acheter un
sandwich. Le GPS m’a fait entrer un peu en ville, ce qui m’a plu. Ensuite j’ai
pris la route 130, une voie, vers Centennial et les montagnes. Avant de voir du
grand relief, il y a beaucoup de ‘prairie’, avec des troupeaux de vaches, de
chevaux et des antilopes. Magnifique et tellement unique et américain.
Centennial est juste au pied des montagnes, à 2.461 m d’altitude et avec une population de 100 habitants.
« Les chaines de montagnes du Colorado se
voient au point d’observation de Libby Flats. Au col de la Chaine
Neigeuse, le pic Medecine Bow domine au
dessus de la route. Les voyageurs sont assez près du pic, qui atteint les
3.657m, pour explorer la neige brillante qui ne fond jamais. »
Je me suis arrêtée là pour observer la vue magnifique. Il faisait beaucoup de vent et assez
frais, voire froid. Il devait être à peu près 10 heures. Il y avait seulement
deux autres personnes, un couple. Le temps était très clair et je pouvais voir
très loin, les chaines de montagnes à l’ouest et au sud.
J’ai continué ma route, qui me rapprocha des
pics et des lacs (Lac Miroir et Lac Marie). Je redescendais et après être
retournée dans la forêt, j’ai fait demi-tour
puisque j’avais dépassé les bons endroits. J’ai pris la route forestière 200,
un chemin terreux qui s’enfonce derrière les pics. C’était beau, mais ce n’était
pas l’endroit que je voulais. Je voulais quelque chose d’un peu plus
spectaculaire. Je suis donc retournée sur la grande route et me suis arrêtée dur le parking du lac
Marie pour manger mon sandwich. L’endroit n’était pas celui que je voulais non
plus : trop rocheux et un peu plus fréquenté, donc j’ai continué mon
chemin. Je me suis encore arrêtée deux autres fois, mais ce n’était toujours
pas ça. Finalement je suis revenue ou je m’étais
garée la première fois, au point d’observation de Libby Flats. Il y avait de
belles fleurs de montagne, petites mais robustes et intenses.
« Le point d’observation de Libby Flats
et du Pic de Medecine Bow sont situes au point le plus haut de la route 130
(route de la Chaine Neigeuse) à 3,306 m. Les chaines de montagnes du Colorado,
de la Sierra Madre et la ligne du partage des eaux sont visibles des Libby
Flats. On peut aussi voir des « ilots » d’arbres ou
« krummholz » qui sont uniques à la région. Des vents forts et des
conditions rudes entravent la croissance de ces arbres, ne laissant les
branches pousser que d’un côté. »
J’ai emprunté un petit chemin qui descendait,
puis je l’ai laissé pour être moins visible de la route et du point
d’observation. Je ne suis pas allée très loin, mais derrière assez d’ilots
d’arbres et de rochers qui cachaient ma présence et je me suis arrêtée quand
j’ai trouve ce gros rocher.
C’était l’endroit.
J’ai installé la camera et ai sorti le ballon.
Maman en avait gonfle pour les enfants peu avant son décès et je en avais gardé
deux avec ce moment en tête. Le vol en
avion les avait pas mal vidés, mais un au moins avait encore un peu d’air, son
expiration, que je pouvais libérer dans le Wyoming.
Ensuite, j’ai sorti la peau de bison qu’elle
avait trouvé dans le Yellowstone, lors de notre tout premier voyage, en 1996 et
je l’ai mise prés du rocher. Puis vinrent ses cendres, dans une urne temporaire
avec une colombe dessus. Je les ai éparpillées, sous le rocher et le vent en a
pris un peu. Il y en avait beaucoup.
J’en ai gardé un peu, pour moi-même et aussi pour peut-être en laisser un petit
peu a Cheyenne. J’ai poussé la peau de bison un peu plus sous le rocher, dans
un buisson épineux qui poussait là, en me disant
qu’elle serait difficile à déloger, à moins qu’un animal ne la chipe.
Quand j’ai eu fini avec les cendres, j’ai lu
le poème, que j’avais écrit il y a quelques mois, d’abord en anglais, puis en
français. C’est peut-être pour ca que j’étais plus émotionnelle quand je l’ai
lu en anglais d’abord.
J’ai pris note des coordonnées que le GPS me
donnait a cet endroit, mais quand j’ai vérifié en ligne plus tard, elles m’ont
parues erronées, trop au Sud. Mais je sais où j’ai laissé ses cendres.
Je me suis retournée pour lui parler, mais au
lieu de ça j’ai juste dit « Non, tu n’es pas là ». Je ne crois pas qu’elle m’ait vue, je crois qu’elle dort,
jusqu'à ce que Jésus revienne. Peut-être un jour apprendra-t-elle que j’ai
entrepris ce voyage. Je l’ai fait à sa mémoire, pour sa famille et ses amis, et
aussi surtout pour moi. J’avais besoin de cette expérience.
Je suis partie peu de temps après 13 heures, sur le même chemin pris a l’aller. Je voulais faire un tour à Cheyenne avant de rejoindre Layne et Ginny a 16 heures.
Mon premier stop a Cheyenne fut la maison du pasteur et sa famille qui nous avez hébergées plusieurs années de suite pendant les Frontier Days. Après avoir appelé Layne, je suis descendue par la route Yellowstone vers le parc des Frontier Days et j’ai vu ‘notre’ Pizza Hut.
| 2012 |
![]() |
| 1997 |
Je suis arrivée au par cet me suis garée aux quartiers généraux, près de la statue de Lane Frost et un autre cowboy de rodéo dont je ne me rappelle plus. J’ai marche vers le parc et les gradins et suis rentrée par derrière. J’ai commencé à pleurer de les voir pour la première fois depuis des années, vide et plein de mauvaises herbes. Un pick-up est passé sur la piste extérieure, et une fois parti, je m’y suis engagée. Je me suis balader derrière les gradins Est. On aurait dit une ville fantôme. Toutes les fenêtres étaient placardées et les parcs à chevaux et taureaux tout plein d’herbes. Je suppose qu’ils ne nettoient le parc qu’avant le rodéo, qui dure 10 jours. L’endroit où les cowboys se préparent, un endroit que je connais plein de bruit et de cuir, était vide et silencieux. Un peu plus loin, vers le sud, j’ai vu une porte ouverte qui donnait sur l’arène et j’y suis entrée avec une poignée de cendres en main. Je me suis retrouvée derrière une barrière de bois blanc et m’y suis accroupie pour y laisser mon trésor dans la poussière. J’aurais pu entrer dans l’arène même, mais ai préféré cet endroit pour ne pas me faire repérer et aussi parce que ça sera surement moins perturbé.
Je me suis baladée encore un peu puis suis retournée à la voiture et ensuite vers le
centre ville pour aller chercher de l’essence. Je suis passée de l’autre côté du pont qui traverse la voie ferrée et de l’autre
côté duquel se
trouve notre bar a cowboys. Je n’y suis pas allée, car je n’en avais pas
vraiment envie et il fallait que je sois au rendez vous pour rejoindre Layne et
Ginny. Je suis donc retournée au vieux centre, près de la gare, me suis garée
et ai marché jusqu'au magasin de Ginny, l’Emporium. De la revoir, je me suis un
peu effondrée. Elle aussi a subi une perte l’année dernière, celle de son mari
qui nous avez justement conseillé le bar a
cowboys, 15 ans auparavant… Leur fille Layne, que l’on n’avait jamais rencontrée,
est arrivée quelques minutes plus tard, très excitée de me rencontrer et de
filmer notre conversation pour enregistrer tous ces souvenirs.
Ginny et Layne m’ont invitée à manger dans un
bon restaurant pas très loin, un endroit un
peu luxueux et tranquille où on a pu
bavarder librement pendant un bon moment. Nous avons passé un excellent moment.
Avant de partir, Layne et Ginny m’ont chacune offert une petite pièce avec une
inscription : Layne m’a offert « Croire » et Ginny « Amis ».
Elles m’ont expliqué que c’était une tradition familiale et que j’étais la première
personne hors de la famille à en recevoir. J’étais très touchée.
On s’est embrassées une dernière fois toutes
les trois, avant que je reparte dans le Colorado, vers 19 heures. Une tempête
de grêle s’annonçait pour la nuit et une autre s’abattait sur Denver. Je suis arrivée
chez Caprissa vers 20 heures. On a discuté dehors sur la terrasse.
![]() |
| 2012 |
![]() |
| Layne, Ginny et moi dans l'Emporium |
![]() |
| 1997, avec Dave, devant l'Emporium |
Cette lourde expérience a été pourtant positive
et Dieu était la a chaque étape, chaque larme versée, chaque petite déchirure de
mon cœur ; Il me maintient, chaque minute de chaque jour. La douleur que
je ressens est profonde, mais j’ai en Lui un Rocher, un confort et une paix
sans égal.
J’ai aussi emporté avec moi un très bon
conseil de Caprissa : on ne devrait jamais s’identifier à quelqu’un ou à un titre, car ils peuvent être repris. Par extension, notre véritable identité
est en Christ qui ne nous abandonnera jamais. Je suis si reconnaissante de ces
moments partagés avec les gens que Dieu a mis sur mon chemin et pour ce temps passé
à honorer ma maman dans ses Rocheuses adorées,
la cathédrale que Dieu s’est construite.
J’ai filmé quelques vidéos. Elles ne sont pas de très bonnes qualité car il y
avait du vent (c’est difficile d’entendre ce que je dis) et la première peut
donner la nausée car elle est prise de la voiture.
Le poeme:
Chez toi il y a
des prairies à perte de vue,
D’énormes bisons
et de hautes montagnes ;
Le vent souffle
sur l’herbe verte et les rochers nus,
Et l’air a une odeur de liberté.
Ca s’appelle le Wyoming, “Grande Prairie”,
Pour les esprits plus grands que les Rocheuses.
Cette vaste terre radieuse, où tu n’es pas née,
Que tu portais dans ton cœur depuis toujours.
C’était l’endroit pour abreuver ton âme,
Qui avait soif de liberté et de grands espaces,
Qui a rué et botté à travers la vie,
Comme un cheval sauvage qu’on ne
pouvait arrêter.
Je voulais te dire, « Bonne chevauchée cowgirl,
Il en a bien value la sueur et les larmes
Pour voir ton visage s’éclairer de joie et de fierté,
Ton cœur explosant pour l’Ouest Sauvage. »
Tu étais formée de poussière de Wyoming
Et il te rappelait comme une sirène depuis longtemps.
T’y voici encore, pour de bon cette fois,
Jusqu’à ce que Dieu nous
accueille dans sa lumière.
Maintenant je te dépose là ou tu
appartiens,
Avec un vide dans mon cœur grand comme le Wyoming ;
Mon amie, mes racines, mon amour - ma Mère.
J’ai tellement hâte de te revoir.













.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.jpg)