Thursday, May 3, 2012

Almost 6 months. Presque 6 mois.

It’s almost been 6 months. It feels like yesterday you were still with us.

I may sound like a broken record, but I went through more stuff today. I went to work and could not stop coughing even though I was feeling OK otherwise, so I came home and decided to take this opportunity to keep chipping at it, all those memories stashed in boxes, plastic sleeves and metal tins.
I decided to part with the cactus flowers from Arizona and the cotton puff from Louisiana, after taking their pictures. I kept the sequoia pinecone, from California.





I found wedding pictures – cut out in your fashion, without the ex-husband- and divorce papers. I stopped to cry a couple of times. The first time, what triggered it was thinking “How could someone not make it to 2012?” It was like realizing you had not kept up and were stuck in 2011 still.
The second time was when I found the birthday card you wrote to me for my 21st, the year we moved to the States. The card says “To a purrrrrrfect daughter –Happy Birthday” (it has a cat in it). And you wrote:
“My so delicious daughter (your English was not that good!), (the rest is in French, I’ll translate it) ever since you turned 16, I have given you American journeys. Today, for your 21st birthday, I offer you AMERICA! You have time, space, and God will do the rest. I love you. Your Mom (in English)
Another time was when I found a folded napkin and I knew exactly what was on it before I opened it, even though it was written 15 years ago. It was the address and phone number of a certain Bob, a very sweet man, we met in ‘our’ bar in Cheyenne. He was a Cheyenne resident and invited us to his table, we were ‘in’. He introduced us to another Bob who wanted to marry you and we met Blake around that time too. One day, we all went out to breakfast at about 4 AM after a night out with the cowboys.

I cannot listen to the National Anthem without crying anymore. I don’t hear it often; I don’t go to events where it is sung much. Last night, I went to a Magic’s game and this little girl sang it. I teared up. The Star Spangled Banner is you. I’m not patriotic, but you were. I can picture you standing up, beaming with pride, your hand on your heart, so happy every time it was played, because you were in your country, the one you chose for yourself, your dream come true.
The other day I talked to Mamie (your mom), and she knows about death and pain. She lost her mother at 37 (she was 62) and her husband at 58. She knows the pain takes time to settle in –and you had told me too, about your dad, “it’s the absence”. Mamie put her finger on it: it is the finality of it, the irreversibility that crushes us. Of course, I have faith this is not the end, but it is the mortal end, before we put on immortality. It is an end and it is damn painful.
Colorado, end of 2001

I know my and your tears will be wiped away, but now they are running warm. They are a blessing, a relief, a cleansing, a release, a healing.

I’m taking this song to Wyoming. It touches a deep part of me and reminds me of you. Another ‘freedom’ song. Another song that makes you soar.


 
Ca fait presque 6 mois. J’ai l’impression qu’hier encore tu étais avec nous.
On dirait peut-être un disque rayé, mais j’ai encore trié des affaires aujourd’hui. Je suis allée au travail mais je ne pouvais pas m’arrêter de tousser même si je me sentais bien autrement, alors je suis rentrée, et j’ai décidé de profiter de l’occasion pour m’occuper un peu plus de tous ces souvenirs dans des cartons, des pochettes en plastiques et des boites en métal.
 J’ai décidé de me séparer des fleurs de cactus de l’Arizona et de la fleur de coton de la Louisiane, après avoir pris leur photo. J’ai gardé la pomme de Séquoia, de Californie.
J’ai trouvé des photos de mariage –découpées à ta manière, sans l’ex-mari- et des papiers de divorce. Je me suis arrêtée pour pleurer quelques fois. La première fois c’était parce que j’ai pensé « Comment est-ce que quelqu’un puisse ne pas être en 2012 ? » C’était comme de réaliser que tu n’avais pas suivi, que tu étais restée coincée en 2011.
Une autre fois quand j’ai trouvé la carte d’anniversaire de mes 21 ans, l’année où on a déménagé aux USA. La carte dit : « To a purrrrrrfect daughter –Happy Birthday » (« la fille parfaite », avec un jeu de mots sur ‘purrr’ qui veut dire ronronnement). « Depuis tes 16 ans je t’offre des voyages américains. Aujourd’hui je t’offre l’AMERIQUE ! Tu as du temps, de l’espace et Dieu fera le reste. Je t’aime. Your Mom. »
Encore une fois quand j’ai trouvé une serviette en papier pliée et je savais ce qu’il y avait écrit dessus avant même de l’ouvrir, même si ça avait été écrit 15 ans auparavant. C’était l’adresse et le téléphone d’un certain Bob, un homme très gentil que nous avions rencontre dans ‘notre’ bar à Cheyenne. Il habitait à Cheyenne et il nous avait invitées à sa table et nous étions ‘in’. Il nous avait présenté un autre Bob qui voulait t’épouser et nous avions rencontré Blake à cette période aussi. Un jour nous étions tous aller prendre le petit déjeuner a 4 heures du matin, après une nuit a danser avec les cowboys.
Je ne peux plus écouter l’hymne national sans pleurer. Je ne l’écoute pas souvent car je ne vais pas souvent à des événements ou on le chante. Hier soir je suis allée a un match de basket de la NBA, et cette petite fille l’a chanté. J’avais les larmes aux yeux. « The Star Spangled Banner », c’est toi. Je ne suis pas patriote, mais tu l’étais. Je peux t’imaginer, rayonnante de fierté, la main sur le cœur, si heureuse a chaque fois que l’hymne était joué, parce que tu étais dans ton pays, celui que tu avais choisi pour toi, ton rêve réalisé.
L’autre jour j’ai parlé à Mamie et elle connait bien la douleur de la mort. Elle a perdu sa mère à 37 ans (elle avait 62 ans) et son mari a 58 ans. Elle sait que la douleur prend du temps a s’installer –et tu me l’avais dit aussi, a propos de ton père, « C’est l’absence ». Mamie a mis le doigt dessus : c’est la finalité, l’irréversibilité qui nous écrase. Bien sur j’ai la foi que ce n’est pas la fin, mais c’est une fin de mortel, avant que l’on revête l’immortalité. C’est bien une fin et ça fait bien mal.
Je sais que nos larmes à toutes les deux seront séchées, mais la elles coulent chaudes. Elles sont une bénédiction, un soulagement, un lavage, une libération, une guérison.   
J’emmène cette chanson dans le Wyoming (vidéo). Elle touche une partie profonde en moi et me rappelle toi. Une autre chanson de liberté. Une autre chanson qui te fait voler.

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